Netgem et les moutons

Alors que certains tombent de haut, c'est sans surprise que nous avons pris connaissance ce matin du courrier rédigé par Netgem dans le but de le faire envoyer aux députés par les vidéoclubs. C'est bien déguisé en mouton que le loup s'est introduit dans la bergerie. Les premières lignes de cette lettre seraient presque dignes des multiples courriers déjà rédigés par votre syndicat professionnel. C'est à la dernière phrase que le masque déjà largement fissuré finit de se désintégrer : "C’est pourquoi, Monsieur le Député, il est essentiel que la loi Hadopi soit adoptée, et que dans ce cadre, le délai de diffusion des films en vidéo à la demande après la diffusion en salle soit ramené à 3-4 mois, comme le prévoit l’amendement du rapporteur de la loi."

Il n'est plus question ici du vidéoclub et du produit physique qui ne servent qu'à émouvoir et tirer la sonnette d'alarme tandis qu'il sont de trop lorsqu'il y a du délai d'exploitation à gagner pour le coeur de métier de Netgem : la VOD. Nous dénonçons vigoureusement cette manipulation honteuse et demandons instamment aux dirigeants de Netgem de cesser d'utiliser les vidéoclubs pour promouvoir sa VOD.

Les gérants de vidéoclub responsables et soucieux de leur avenir s'empresseront d'envoyer le courrier type que nous avons réalisé, d'une part pour encourager une fois encore le vote d'Hadopi qui entre dans la dernière ligne droite et d'autre part pour qu'aucun député ne reste sur l'idée que les VCF seraient favorables à une sortie simultanée VOD / DVD.

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Lettre de Netgem en intégralité

XXX, le 23 mars 2009

Monsieur le Député,


La création, ce n’est pas un acte gratuit pour les artistes. Pour exister, elle doit également se diffuser à travers des réseaux qui contribuent à la financer : les salles de cinéma, les chaînes de télévision, mais aussi, on l’oublie trop souvent, les vidéoclubs qui jouent un rôle essentiel dans l’économie du cinéma et de l’audiovisuel.

Le piratage est en train de tuer l’activité des vidéoclubs, et cela, sans contrepartie pour la création puisque la diffusion illégale ne génère aucun revenu. Notre activité doit, bien sûr, s’adapter et tenir compte des offres légales de vidéo à la demande. Nous le savons et agissons dans ce sens. Mais nous n’avons pas les moyens de faire face au développement sans limite du piratage sur Internet.

Le projet de loi Hadopi est un compromis réaliste. Il a été précédé de longs débats ; il est temps de les conclure. Son rejet aurait des conséquences pires encore, en donnant le sentiment que, désormais, tout est permis.

J’exploite ___ vidéoclubs en ____, et j’observe que notre activité a baissé de __% en l’espace de 2 ans.

C’est une situation qui ne peut pas se prolonger indéfiniment. Si nous fermons, comme tant d’autres l’ont fait avant nous, c’est une contribution essentielle à la création et à l’animation culturelle qui disparaîtra.

C’est pourquoi, Monsieur le Député, il est essentiel que la loi Hadopi soit adoptée, et que dans ce cadre, le délai de diffusion des films en vidéo à la demande après la diffusion en salle soit ramené à 3-4 mois, comme le prévoit l’amendement du rapporteur de la loi.

Veuillez agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sentiments distingués. 


courrier d'accompagnement :

Chers Franchisés,


Le déroulement du vote de l’Assemblée Nationale sur la loi dite « Hadopi » concernant le piratage sur Internet montre qu’il existe encore une forte opposition aux mesures proposées par le gouvernement. Et pourtant, ces mesures ont déjà été votées par le Sénat à l’unanimité.

Les discussions vont reprendre le 30 Mars, et si le calendrier est respecté, le vote définitif pourrait intervenir le 9 Avril.

Jusqu’à présent, seuls les créateurs (auteurs, scénaristes, acteurs, etc…) ont fait entendre leur voix. Les éditeurs de vidéos et les vidéoclubs doivent aussi faire savoir qu’ils soutiennent le projet gouvernemental.

Le Groupe Netgem-Vidéofutur, par mon intermédiaire, a été reçu par les principaux parlementaires concernés. Je pense que si le député de votre circonscription recevait de votre part une lettre allant dans ce sens, notre voix serait encore plus entendue.

C’est pourquoi, je vous propose une lettre-type, que vous pourrez, bien sûr, adapter comme vous le souhaitez, en vous invitant à envoyer cette lettre le plus rapidement possible au député de votre circonscription.

Il est important que le réseau Vidéofutur, et vous-même individuellement, rappellent l’enjeu économique essentiel du débat parlementaire.


__________________

Marc Tessier
Directeur général

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