Le SVCF découvre le pot aux roses…

Chers Confrères,


La création de notre mouvement nous a permis de nous rapprocher d’un certain nombre d’interlocuteurs. Ces discussions et nos recherches nous ont amenés à faire une terrible et incroyable découverte. La situation est la suivante : comme nous l’avons déjà évoqué, les éditeurs ont délégué l’ensemble de leur activité locative aux grossistes et en premier lieu à GDS. En donnant ainsi tous les pouvoirs aux intermédiaires, les éditeurs se sont tiré une balle dans le pied et nous, vidéoclubs, en étant les victimes consentantes de ce système
de distribution, nous avons creusé notre propre tombe. Mais que s’est-il passé exactement ?


Comment ont-ils initié notre suicide collectif …


En rencontrant les différents intervenants de la vidéo locative, les langues se sont déliées et tous arrivent à la même conclusion : un changement profond doit s’opérer très rapidement, sous peine de voir disparaître la filière locative en magasin ! Pourquoi donc ? Le temps est venu de mettre les pieds dans le plat et d’appeler les choses par leur nom ; voici ce que nous avons découvert ces dernières semaines : des accords spécieux ont été passés entre GDS et un noyau d’éditeurs. En clair, GDS référence les titres des éditeurs qui acceptent de leur acheter à prix d’or des encarts publicitaires dans les catalogues mensuels qui annoncent la programmation et qui sont offerts aux clients des vidéoclubs. Ceci explique pourquoi des films qui n’ont aucun potentiel locatif se retrouvent en bonne place dans ces catalogues, quand d’autres, réellement indispensables sont clairement passés sous silence. Ce système nous oblige, sournoisement, à référencer des titres dont nous pourrions nous passer, et en acquérir d’autres qui ne bénéficieront d’aucune couverture médiatique ! Autant dire qu’en achetant les catalogues édités par Actua vidéo (c.a.d Actua et tous les catalogues des enseignes du groupe CPFK) nous finançons ceux qui nous étranglent !!! ( Actua Video, a été fondé par Antoine LEMASSON, membre du directoire CPFK et membre fondateur du… SNVL). Pire encore, GDS s’est vu confier les budgets que les éditeurs allouaient à la promotion et notamment la PLV et les fameux goodies. Ceux-là même que les vidéoclubs ont toujours beaucoup de mal à obtenir et dans des quantités qui ne permettent pas d’en faire l’usage auquel ils sont destinés. GDS et ses filiales ont confisqué ces budgets à leur profit et font du saupoudrage par intermittence en nous faisant croire à des cadeaux de leur part. Ce jeu de dupe devenu jeu de massacre n’a que trop duré. Le montant des commandes des vidéoclubs ayant sensiblement baissé, les éditeurs ne peuvent plus accepter ces conditions qualifiées par certains d’entre eux de « racket organisé », de « détournements des fonds destinés à la promotion » ou encore de « marge arrière ». GDS, à force de tirer sur la corde, a scellé la fin du système empreint de chantage publicitaire qui a fait leur fortune et par là même notre déconfiture. Ce que tous les gérants doivent comprendre, c’est qu’ils soient indépendants ou franchisés, avec ou sans automate, ils sont tous victimes de ce système pervers, car les prix des films ont été maintenus à des tarifs prohibitifs de manière artificielle.



Une COOPERATIVE DES VIDEO CLUBS, voilà ce que nous allons faire…


Non seulement un nouveau modèle économique doit voir le jour, mais ce sont les Vidéo Clubs qui doivent l’installer et en gérer le fonctionnement. En effet, malgré nos appels du pied, GDS, qui donne le tempo au marché, nous ignore. Pire, CPFK s’entête dans son fonctionnement, en imposant une licence de marque payante à ses exploitants Cinebank au mépris de tout bon sens économique et commercial. Que certains intervenants du marché aient décidé de scier la branche sur laquelle ils sont assis, soit, qu’ils nous entraînent dans leur débâcle, hors de question ! Nous sommes donc obligés d’agir ; qu’on se le dise, les vidéoclubs sont déterminés à ne pas se laisser enterrer vivants et plus que jamais c’est à nous de décider de ce qu’il se passera demain dans nos magasins. C’est pourquoi nous finalisons la mise en place d’une COOPERATIVE NATIONALE afin de nous fournir directement auprès des éditeurs. Il faut bien admettre que la donne a changé, de fait, les règles doivent elles aussi être revues.

En réalité, les éditeurs n’attendent que deux choses : tout d’abord que les vidéoclubs se libèrent de l’emprise de GDS car mécaniquement, eux-mêmes ne seront plus les otages d’un intermédiaire sans scrupule ni vision globale à long terme. Ensuite que les Vidéo Clubs libres et unis dans une même dynamique leur proposent une solution clé en main qui instaurerait durablement un partenariat gagnant/gagnant.


Libérés de nos chaînes, notre bon sens et notre dynamisme nous permettent de relancer la location…


Qui a besoin de placarder les affiches de Miami Vice ou Pirates des Caraïbes 2 pour louer ces films ? Personne, car leur seule notoriété suffit (entrées en salle, pub TV, etc…). Qui a assez d’exemplaires à proposer pour contenter tous ses clients ? Personne ou si peu. Qui a assez de choix pour être sûr que le client ne repartira pas déçu et les mains vides ? Même résultat…Qui aimerait pouvoir proposer à la fois plus d’exemplaires et plus de choix à ses clients ? Tout le monde ! Editeurs inclus…

La fin d’un business modèle ne signifie pas la fin d’un mode de consommation.

Premièrement, notre objectif est de pouvoir proposer la grande majorité des nouveautés. Impossible ?! Science fiction ?! Bien sûr que non. Nous pouvons enclencher un cercle vertueux pour peu que nous nous en donnions les moyens et les éditeurs l’ont bien compris. Si nous parvenons à proposer plus de choix dans nos magasins, le métier peut s’envisager autrement (forfait illimité, retours moins contraignants, retards peu facturés, etc.…). Nous pourrions nous engager à prendre plus de références en contrepartie d’une baisse de tarif. Pour la même enveloppe d’achats mensuels, nous pourrions proposer nettement plus de titres et ainsi satisfaire l’ensemble de la clientèle et faire revenir celle qui, lasse de ne pas trouver ce qu’elle cherchait, s’est détournée de nous. Bien sûr, une grande campagne nationale de communication serait mise en place, car notre renouveau ne sera un succès que si nous le faisons savoir au grand public. J’imagine déjà les affiches « Votre Vidéo Club a changé ! » « Toutes les nouveautés, chaque semaine » « Du choix comme vous n’en avez jamais eu » « Plus la peine de vous précipiter pour rendre vos films » « Finies les pénalité de retard ».

Deuxièmement, les budgets promotionnels alloués par les éditeurs seront intégralement utilisés pour la promotion de la location en magasins et en automates avec des opérations percutantes, des goodies en quantité, une communication globale enfin perceptible par le grand public.

Troisièmement, nous avons besoin d’un catalogue mensuel, annonçant la programmation et offert à nos clients, qui mettrait en avant les blockbusters bien sûr mais qui ferait également la part belle aux hors block et hors film (série B, films d’auteur, films de genre, documentaires, spectacles, concerts, etc…). En ayant enfin la possibilité financière et technique de proposer l’ensemble des sorties à nos clients, fini le casse-tête du vidéoclub qui propose des titres que le catalogue de son grossiste n’a pas voulu référencer et vice-versa. Le système pernicieux Actua Vidéo disparaît et tous les vidéoclubs en profitent. Non seulement nous disposons de tous les titres, mais en plus nous le faisons savoir. Il faut bien comprendre que c’est en proposant plus de choix que non seulement nous conserverons notre clientèle actuelle mais surtout c’est la seule et unique manière de faire revenir une partie de celle perdue. La baisse des prix n’est qu’une moitié de l’équation, car pour nous relancer nous devons savoir reconquérir le public. Cette mesure est une des clés d’une relance réussie de notre activité, car en créant un catalogue annonçant une programmation élargie et qui facturerait le juste prix aux éditeurs qui présentent leurs titres, nous obtiendrons une vitrine commerciale des plus attractives d’une part, mais le budget publicitaire ainsi optimisé fournira également une force marketing solide et le levier nécessaire aux éditeurs pour enclencher une baisse des tarifs des films locatifs d’autre part.

Enfin, nous avons d’ores et déjà rencontré des éditeurs qui se disent prêts à ouvrir les fonds de catalogue, voire mettre en place du profit-sharing, nouveautés comprises. Ceci peut paraître incroyable, mais jamais le numéro un du marché n’a mis ces questions à l’ordre du jour…

(Vous aurez compris que son intérêt est ailleurs et diamétralement opposé au notre en raison de son approche commerciale particulière du métier)

Les perspectives existent, en ayant identifié les causes de notre descente aux enfers, et déterminé la solution la meilleure pour nous relancer, nous avons toutes les cartes en mains pour pérenniser notre activité.

En étant pragmatique, les vidéoclubs comprendront vite que le bout du tunnel n’est pas inaccessible. Aussi, à ceux qui approuvent notre action, mais « attendent de voir » pour nous rejoindre, je dirais qu’il est temps de réagir car non seulement le nombre fait la force mais surtout nous n’accepterons pas que des gérants passifs tirent les bénéfices de notre prise de risque. Pour s’extraire d’un système, il faut pouvoir le comprendre, maintenant que nous avons compris, nous devons prendre les choses en mains.

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